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 Poésie, Théâtre, amitié
under his eye

 :: Aberdeen :: Quartier Rouge :: Résidence Stagger

may the lord open

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( pseudo ) : Ready
( célébrité ) : dasha sidorchuk
( arrivée à Aberdeen ) : 29/09/2018
( messages ) : 180
( tickets ) : 296
( patronyme ) : Joy Meára
( âge du personnage ) : 25 ans
( emploi ) : Servante
( localisation ) : Dans la maison des Stagger


Poésie, Théâtre, amitié
par Auteur le Dim 30 Sep - 16:36
Fauteuil, table, lit, placard, fenêtre que je ne peux pas ouvrir, porte, salle de bain ?, baignoire, évier, porte, couloir, placard ? Robe rouge, tissus épais, bottes solides… Mon cœur qui bat. Qui suis-je ? Joy. Je m’appelle Joy Meára. Je m’appelle Joy Meára, je suis une ancienne comédienne. Je sais qui je suis. Les drogues du Centre Rouge n’ont pas effacé ma mémoire, j’en ai une trop bonne. Il fait nuit dehors et j’ai l’impression que mon cœur battant laisse une marque sur la vitre glacée. Pourquoi je suis là. Pourquoi je suis vivante. Pourquoi mon cœur bat dans mon torse. Toujours les mêmes phrases. Ce ne sont pas des questions. Parce qu’aux questions, on peut trouver des réponses. Pas là. C’est ainsi.

J’ai l’impression… J’ai l’impression d’être un personnage d’une mauvaise pièce de théâtre. D’une très très mauvaise pièce de théâtre. Je n’en ai pas beaucoup joué, grâce à mon producteur, mais j’en ai vu beaucoup. Et… C’est horrible. Je joue une espèce de servante heureuse de se faire maltraiter. Qui suis-je encore vraiment ? Destagger ou encore Joy ? Non. Destagger n’est que l’enveloppe dans laquelle on m’a mise. Je suis toujours Joy. Je suis toujours moi. La comédienne rousse au caractère bien trempé, au sourire moqueur ou enjôleur, avec la passion brûlant dans les veines. Tu te souviens sur scène ? Comment c’était ? Ta panique avant de monter sur scène ? Ouais Poppy. Je me souviens. Mon cœur qui battait à tout rompre, la chaleur dans tout mon cœur, C’est pas quand tu baisais ? Non pas que Poppy. La chaleur de l’excitation avant d’aller sur scène, le poids du costume, ou non, s’oublier dans un personnage qui n’est pas nous pour en ressortir plus grand, plus fort, distiller de soit dans le personnage.

Je ferme les yeux et me propulse dans mes souvenirs, loin d’ici. Je suis sur la scène de Boston, je suis libre, je joue, mon partenaire me regarde et je le soutiens silencieusement. On s’écarte, on se repousse, on s’aime on se hait. On joue. Vie, personnages, acteurs, comédies, tragédies, je suis moi, je ne suis plus moi. Je vis je respire… Le frôlement de la jupe de mon costume sur mes jambes, mes pieds nus sur le poids de la scène… Mon corps se souvient encore des mouvements, de la respiration, de la pose. Ma voix, au lieu d’être forte et puissante, est un murmure. Je ne veux réveiller personne. Roméo et Juliette. Une Juliette rousse pleine de passion, de vie et de délicatesse. Juliette la catin qui a baisé avant le mariage.

Je m’arrête soudain. La lumière de ma chambre a changé. Je pivote sur mes talons, tant pis. Si je dois mourir maintenant autant que cela soit avec Shakespeare. C’est la martha… Camila je crois. Je soutiens son regard et relève même le menton. Fière.
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may the lord open

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( pseudo ) :
( célébrité ) : Damaris Goddrie
( arrivée à Aberdeen ) : 29/09/2018
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( tickets ) : 83
( patronyme ) : Camila Navarro
( âge du personnage ) : 25 ans
( emploi ) : Martha, bonne à tout faire
( localisation ) : Chez les Stagger


Poésie, Théâtre, amitié
par Auteur le Dim 14 Oct - 21:39
Un battement de cœur.
L’attente.
Battement de cœur.
Attente.
Attente.
Attente.

Ses yeux fixent le vide, la vision est floue, il faut attendre l’ordre sagement. Ne pas faire de vague. Ne pas lever les yeux. Une nouvelle servante est arrivée ce matin, désormais ça fait une personne de plus à servir. Une personne de plus à haïr. Ça ne l’arrange pas du tout. Elle voudrait pouvoir retourner dans sa chambre. Peut-être dormir un peu plus cette fois. Se remémorer des souvenirs lointains, heureux. Mais penser à son père … Sa sœur … C’était encore trop tôt. Il faudrait une éternité pour qu’elle puisse oublier. Même pas pardonner. Elle donnerait n’importe quoi pour les serrer dans ses bras à nouveau. Juste quelques secondes. Pour recoudre son cœur.
Elle reprend son souffle quand la porte du bureau s’ouvre. Elle n’écoute que d’une oreille l’ordre qu’on lui souffle, mais les mots sont déjà gravés dans un coin de sa mémoire. Elle hoche mollement la tête, pour montrer qu’elle comprend, qu’elle va s’exécuter sur le champs. Ce n’est pas comme si elle avait le choix de toute manière. Elle tourne les pieds, pour disparaître dans le couloir sombre. Se mêler aux ombres, devenir l’une d’elle.
Battement de cœur.
Un pas.
Un autre pas.
Nouveau battement de cœur.

Elle monte les escaliers lentement, ses pas lourds font grincer les lattes de bois. Une. Deux. Trois … Elle perd vite le fil, ses pensées dérivant vers autre chose de moins agaçant. Et avant même qu’elle ne s’en rende compte, la voilà déjà en haut. C’est presque comme si elle ne s’en était pas rendue compte. Elle reprend à nouveau son souffle, cette fois coupé sous l’effort produit. Les battements sourds cognent contre sa poitrine, résonnant en écho à l’intérieur de son crâne. Elle a mal. Un peu. Mais qui s’en soucie, de toute manière ? Si elle meurt, ce ne serait pas une grande perte. Elle n’aurait personne pour la pleurer. Peut-être Abel … Et encore. Il avait bien joué son jeu, celui-là. Elle ne pourrait plus jamais lui faire confiance.
Sur ces pensées douloureuses, elle inspire à nouveau puis avance, encore un peu. Elle traverse un autre couloir, puis s’arrête au fond. La chambre de la servante. Elle inspire encore. Reprends-toi Camila, tu as des choses à faire ici. Sa main fait le trajet jusqu’à la porte en bois, serrée pour frapper la surface comme elle voudrait frapper l’entièreté de cette maison. Mais l’éclat d’une voix, claire, l’arrête dans son geste. Elle vient de la chambre. Camila tend l’oreille. Elle reconnaît ce récital. C’est Roméo et Juliette. Un sourire naît sur les lèvres de Camila. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas entendu Shakespeare parler.
Sans attendre que l’autre finisse, elle pousse la porte pour assister à la scène, le regard brillant d’émotion. Le reste de visage, cependant, reste neutre. Elle ne pouvait pas se laisser percer à jour si les choses ne se déroulaient pas comme elle le pensait. La main achève d’écarter la porte. La lumière de la chambre dévoile une fille, très belle, dotée d’une chevelure rousse caractéristique des Stagger. Le dégoût la prend au tripes, même si elle sait que cette femme n’est pas l’une des leurs. Cette dernière se stoppe alors brutalement dans ses mots, et la fixe fièrement, comme si elle la mettait au défi.

«Désolée, je ne voulais pas t’interrompre.» Bafouille Camila comme pour s’excuser. Voilà qui était nouveau. « Monsieur m’envoie vérifier que ta salle de bain fonctionne. Tu permets ? » Mais son caractère brut ressort aussitôt et elle n’attend pas l’accord de la rousse pour faire quelques pas dans la chambre. Camila regarde autour d’elle. Elle n’était pas venue ici depuis … Non, elle n’a pas envie d’y penser à nouveau. L’autre servante demeurait dans le passé. Elle baisse les yeux lorsqu’ils se posent sur la fenêtre, un peu comme de la honte, du dépit, quelques chose qui lui noue l’estomac sans qu’elle sache comment arrêter ça. Elle se tourne à nouveau vers Destagger, énième du nom. « C’était beau. Très bonne interprétation de Shakespeare. » Elle ne sait pas ce qui lui prend ; peut-être un élan d’empathie pour cette nouvelle qui risquait d’en arriver à ce que la précédente avait achevé. « Why, I can smile, and murder while I smile. » Murmure-t-elle en fixant Destagger droit dans les yeux. Elle aussi connaissait ses vers. Les pièces, elle les avait toutes lues. Et cette ligne, cette petite ligne, persistait à revenir dans un coin de sa tête. Richard III l’inspirait avec une ironie toute particulière. Oui, elle sourira quand elle tranchera la gorge des Stagger dans un élan d’ultime désespoir. Mais pas maintenant. Elle n’en avait pas encore la force.
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( arrivée à Aberdeen ) : 29/09/2018
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Poésie, Théâtre, amitié
par Auteur le Lun 15 Oct - 8:48
Camila est gênée. Est-ce qu’elle va me dénoncer ? Joy t’es vraiment trop con ! Premier jour dans cette baraque du raconte du Shakespeare. Meilleur moyen de survie ! Mais je note une étrange lueur dans son regard. Je me retiens de froncer les sourcils, qu’est-ce qu’elle… ? Joy ? T’en pense quoi ? Aucune idée. Peut-être que son regard brille parce qu’elle a un moyen de me faire punir ? Tout est possible ici. Je vais me faire couper la langue, ça ne va pas traîner, clairement. Mais bon, mourir pour du Roméo et Juliette… Je ne vois pas vraiment le problème ! C’est déjà bien je pense. Puis je ne regretterais pas. J’avais adoré jouer Juliette. Surtout la fin de notre pièce. Nous avions rajouté un poème récité sur de la musique « Petite Juliette et Petit Roméo » et avec mon partenaire nous avions dansé dessus avant de nous enlacer et de rester à terre blottis l’un contre l’autre jusqu’à ce que les lumières s’éteignent. Un beau moment. Petite Juliette, danse, danse, danse sur le fils de ta destinée, danse jusqu’à déployer tes ailes. Petite Juliette plus fougueuse qu’un mustang et plus vive que le vent s’envolera… Ouais. C’était ça. Beau moment.

Camila dit qu’elle est là pour vérifier la salle de bain. Je hoche la tête. Qu’elle fasse son boulot. Je reste surprise face à son compliment et une sourire se dessine sur mon visage avant qu’un léger rire ne franchisse mes lèvres. Je penche la tête sur le côté.

« Merci ! Richard III ? Je ne peux répliquer qu’un humble Ma conscience a mille langues, et chaque langue raconte une histoire, et chaque histoire me condamne comme scélérat. Acte V scène trois. Parfaitement adapté je pense. »

Ce n’est pas tout le monde qui est capable de retenir des lignes de Richard III. Jamais joué, mais dévoré pendant les voyages entre deux scènes. Et ce plusieurs fois. J’ai toujours aimé me perdre dans Shakespeare. Et visiblement aujourd’hui je ne suis plus la seule dans ce monde de fou. Tiens, ça me fait penser à En attendant Godot. La porte est aussi fermée qu’elle peut l’être. Je m’approche de Camila et lui tends la main.

« Je m’appelle Joy. Joy Meára. Pendant un moment de ma vie, Shakespeare et d’autres ont été mes meilleurs amis. Et… désolé pour le travail en plus… »

Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. En attendant Godot. De Beckett. Qui est fou dans l’histoire Poppy ? Ici ou là bas ? Ici. Eux. On ne peut qu’être qu’un fou fanatique pour croire que ce qu’ils font est la bonne solution. Bien d’accord avec toi. J’ouvre la porte de la salle de bain à Camila. Pas envie qu’elle ne se face disputer par ma faute. Mon regard se glisse souvent vers le couloir alors que j’écoute les bruits. En tout cas la tenue de Martha ne lui va absolument pas. Elle va à personne. Aucune de ces foutues tenue ne va aux gens censés. C’est aussi simple que ça.
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